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L’Orfèvre

lundi 13 avril 2015, par François Membre

Dans le volume précédent : l’Inquisiteur, nous avions fait la connaissance de Geiger. Aussi chaleureux et expressif qu’un bloc de marbre, cet homme, pour le compte d’Etats, de multinationales ou de richissimes particuliers, était un expert en recherche d’informations. Ses employeurs lui livraient une personne, en bon professionnel de la torture, il en tirait tout ce qu’ils désiraient savoir sans avoir trop besoin de faire couler le sang.

Dénué d’empathie, Geiger a pourtant une règle morale intangible : il ne touche pas aux enfants. Mais un jour, un employeur lui a demandé de soumettre à la question un garçon de douze ans. Le cas de conscience a vite été résolu, Geiger a trahi ses employeurs en sauvant l’enfant, se mettant lui-même en danger. Au terme d’une course poursuite haletante et meurtrière il a été victime d’un tireur et son corps a disparu dans une rivière. Il est présumé mort noyé…

Le nouvel opus commence alors que l’absence de corps fait s’interroger les amis et les ennemis de Geiger. S’il avait survécu ? Parmi eux on trouve Harry Boddicker, l’ancien associé et ami de Geiger et aussi Ezra, le jeune garçon pour qui Geiger a renversé la table. Moins sympathique, Dalton, autre professionnel de la torture désire se venger de celui qui l’a mutilé. Il y a aussi, trouble et énigmatique, Zanni Soames, une agent du FBI qui voudrait faire retravailler Geiger. Et puis un jour, une caméra de quartier enregistre une rixe banale dans une rue de New York et tout s’emballe.

Un personnage d’exception
Ecartelé entre un passé de violences et un avenir dont il ne se sentait plus maître, Geiger avait pris sa retraite et, plongeant dans l’anonymat, raccroché les instruments de torture. C’était oublier que toute action entraine une réaction. Harry Boddicker et le père d’Ezra sont kidnappés par Dalton, en échange de leur liberté, il exige de rencontrer Geiger…

Ce nouvel opus des aventures de Geiger fait moins dans l’action et le spectaculaire que le premier. L’auteur opte pour un gros changement de décor radical en plaçant une grosse partie de l’action en France. Si les prénoms attribués à certains personnages (André et Victor) datent un peu et ne sont plus trop en usage, concernant notre pays, on ne peut que se réjouir de l’absence de clichés et de manichéisme.

Dans ce second volet ouvrage plus introspectif que le précédent, Mark Allen Smith, avec un récit largement articulé sur les thèmes de la rédemption, de la douleur, de la folie, nous fait découvrir l’enfance peu ordinaire d’un ascète, froid et structuré que la rencontre improbable et fortuite avec un jeune adolescent va peut être transformer en un homme véritable.

Coups tordus, trahisons et retournements de situation parcourent ce roman au scénario magistral dont le héros, un personnage d’exception (ni dieu ni homme ni bête) s’impose dans tous les sens du terme. L’auteur renouvelle ici et de belle façon le thriller et tient le lecteur en haleine tout au long de son récit. Un superbe exercice de virtuose !

L'Orfèvre

  • Mark Allen Smith
  • Robert Laffont
  • 552 pages
  • 21 €
  • 9782221125977

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