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La maison des murmures

vendredi 16 novembre 2007, par La Livrophile

Quand Sarah avait six ans, en 1937, sa mère, Lizzy Katz, une starlette médiocre, fut assassinée. On l’a retrouvée, sur la jetée, trois balafres sur le flan gauche. Curieusement, on a retrouvé très peu de sang, alors qu’elle était vraisemblablement morte de ses blessures. Sarah fut élevée par un accessoiriste, ami et amoureux sans espoir de sa mère, Timothy Zane. A présent, à 32 ans, elle travaille pour le cinéma : elle fait des explosions, des feux d’artifices pour les films. Elle rêve souvent de sa mère, et garde l’espoir de retrouver son assassin.

Un jour, Adrian West, le grand collectionneur, lui téléphone pour un travail. Comme il collectionne les possessions des acteurs décédés, elle pense un instant qu’il veut des affaires ayant appartenu à sa mère. Mais Lizzy était une piètre comédienne, et West n’en veut pas à ce qui lui appartenait. Adrian parle à Sarah de Rex Feinis, l’acteur tué en 1938 par un tremblement de terre. Au moment du séisme, Rex était en train de discuter d’un nouveau film avec un metteur en scène. Il avait l’habitude d’enregistrer ces conversations. Le magnétophone a donc enregistré sa mort. Ensuite, les débris de la maison de Feinis ont été récupérés et cachés par un éboueur, qui comptait bien monnayer ses trouvailles. Seulement, l’homme n’en n’a pas eu le temps : il est mort une semaine après. Adrian West a enfin réussi à localiser la cachette des six containers où est enfouie la maison de Rex Feinis. Il voudrait que Sarah fouille dans tous ces gravats, et retrouve le magnétophone. Il veut les derniers instants de la vie de Rex. Sarah accepte le travail, car c’est très bien payé. C’est alors que la curiosité la prend, et qu’elle va se mettre à explorer le passé de Rex Feinis.

J’ai beaucoup aimé ce livre. Il ne traîne pas, et on est toujours en train d’osciller entre le fantastique et les explications rationnelles. Sarah apprend beaucoup d’histoires sur Rex Feinis. On lui raconte quelque chose qui nous entraîne dans le fantastique (Rex est en fait un fantôme de celluloïde né de l’amour que les fans portaient à l’image du vrai Rex, il a tué le vrai Rex et pris sa place, et c’est parce que ses films étaient en noir et blanc que sa peau est diaphane, que ses cheveux sont gris ; et comme il est de celluloïde, il n’a aucun appétit sexuel), puis quelqu’un lui explique la même chose en invoquant des explications tout à fait rationnelles (Rex souffrait d’une maladie de peau, et d’une malformation qui faisait qu’il avait le sexe et la libido d’un enfant de huit ans).

Il y a aussi l’histoire de Gwénola, l’éternelle enfant, qui surprend le lecteur et le captive.

Toutes ces histoires ne laissent pas respirer le lecteur : il est assailli de théories, de preuves contradictoires, il ne sait plus que croire. En outre, on croise plusieurs personnes à l’esprit dérangé, des fanatiques qui croient dur comme fer à ce qu’ils disent, et qui savent se rendre crédibles. Tout cela fait que jusqu’au dernier moment, on ne sait pas quelle solution Brussolo va choisir. Et même lorsqu’il finit par en choisir une, on doute encore. Enfin, moi, j’ai envie de douter, car je n’aime pas son choix final.

Il y a beaucoup de rebondissements, et pas seulement à cause de toutes les histoires racontées sur Rex. Sarah va apprendre des choses troublantes sur elle-même, son passé, sur les gens qui l’entourent. On ne s’attend pas du tout à ces révélations.

C’est donc un bon Brussolo, où on retrouve certaines ficelles chères à l’auteur : les histoires rocambolesques, les personnages extrêmes, fous ayant une obsession et ne vivant que pour et par cette obsession, les rebondissements en cascade (une chose en entraîne une autre)... Ces ficelles reviennent souvent chez Brussolo, mais elles ne sont pas éculées, étant utilisées dans d’autres contextes. Personnellement, j’ai été un peu déçue par la fin, mais c’est très subjectif, et cela n’enlève rien à la pertinence de l’ouvrage.

  • Serge Brussolo
  • Plon

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