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Le bourgeois de Paris

jeudi 11 juin 2009, par Thibault Bonnafoux

Lorsqu’un des plus grands romanciers russes se rend enEurope pour y découvrir différents pays dont l’Angleterre et la France, il en revient assurément avec des pensées plus ou moins profondes sur la démocratie et la vie en société et publie à son retour un ouvrage intitulé Remarques écrites en hiver sur des impressions d’été à la demande de ses amis restés en terre soviétique. Le Bourgeois de Paris - édité en 1863 – reprend seulement les quatre derniers chapitres portant davantage sur l’hexagone, et l’auteur n’hésite pas à donner « les raisons qui lui ont fait croire à l’incompatibilité complète de l’esprit occidental et l’esprit russe, sans d’ailleurs omettre de rappeler que ce dernier est supérieur.

Toutefois c’est du côté du Bourgeois Parisien que Dostoïevski se concentre en analysant ses rapports à la société, à l’argent, à l’amour sans oublier le passage remarquable sur l’éloquence à la française.

Qui peut se targuer d’avoir influencé de nombreux philosophes et d’écrivains ? Nietzsche dira à son propos : « Il est la seule personne qui m’ait appris quelque chose en psychologie »

Ce livre en est le parfait exemple, le style de l’un des précurseurs de l’existentialisme est admirable tant par l’harmonie de la phrase que par un côté cynique enivrant notamment sur les désirs du Bourgeois, comme dans cet extrait : « Outre le besoin d’amasser et le besoin d’éloquence, en a encore deux, des plus légitimes, sanctifiés par la coutume, universellement reconnus, et en présence desquels il se comporte avec beaucoup de gravité, presque pathétique. Le premier de ces besoins c’est : voir la mer. [ . . . ] Le deuxième besoin légitime et non moins impérieux du bourgeois, et surtout du bourgeois parisien, c’est de se rouler dans l’herbe. »

Autre aperçu :

« On ne réussira jamais à persuader un Français, c’est-à-dire un Parisien (car, au fond, tous les Français sont Parisiens) qu’il n’est pas le premier homme du monde entier. D’ailleurs il sait bien peu de choses sur le monde entier en dehors de Paris. Le bourgeois parle rarement de mille ans, sauf peut-être s’il devient éloquent. Le trait le plus caractéristique du Français, c’est l’éloquence. Le Français est rempli d’éloquence jusqu’au bout des ongles. Une fois nous sommes entrés au Panthéon, voir les grands hommes. « Ci-gît Jean-Jacques Rousseau, Jean-Jacques, l’homme de la nature et de la vérité ! » Brusquement, j’eus envie de rire. On peut tout avilir par le grand style. »

  • Fiodor Dostoïevski
  • Rivage poche - Petite bibliothèque

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