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Le liseur du 6h27

mardi 6 janvier 2015, par Georges Fernandes

Guylain est un homme qui se sent mal dans sa peau depuis l’enfance. Il n’est ni malade ni suicidaire, il est juste malheureux. Il porte un nom de famille qu’il n’aime pas, son père mort trop tôt lui manque cruellement, il vit seul avec son poisson rouge, il doit mentir à sa mère lors de son rendez-vous téléphonique hebdomadaire, lui cacher sa véritable profession qui est de diriger et d’entretenir une énorme et dangereuse machine qui sert à broyer les livres. Triste réalité pour celui qui aime les livres, devoir vivre en pilonnant le contenu de texte que plus personne ne pourra lire. Alors il se rattrape dans le RER, le matin sur le chemin du travail, il lit des pages sauver au hasard de la broyeuse, il lit à haute voix et tous les autres voyageurs l’écoutent, c’est devenu un rituel, une obligation pour tous. Cela lui fait du bien à Guylain, lui qui aime faire le bien autour de lui, même si son cercle d’amis est très fermé. Un de ses amis est un ancien collègue de travail. Sa vie d’ouvrier c’est fini quand la machine, animé soudainement par la vie, lui a coupé ses deux jambes. Triste sort. Mais l’existence contient aussi des surprises. Un matin, au moment où Guylain va s’installer pour faire sa lecture, il trouve sur son siège une clé USB. Celle-ci contient des textes de vie d’une jeune femme, une dame pipi, qui raconte son quotidien. Amusant, renversant, les textes ne laissent pas indifférent notre héros qui avec l’aide de son ami unijambiste va partir à sa recherche grâce aux indices écrits dans les textes.

Il s’agit de premier roman de Jean-Paul Didierlaurent, mais quel bonheur, quelle fraicheur, quelle simplicité dans la complexité des mots. Sans parler d’un chef-d’œuvre littéraire nous avons un livre qui fait déjà partie du Panthéon des livres qui ne s’oublient pas. Il faut le lire pour comprendre que pour retrouver la joie de vivre il faut savoir s’accrocher aux moindres détails de la vie. Mon seul regret c’est de ne pas savoir si cette monstrueuse machine se régale volontairement ou non des rats, la nuit. Pour me comprendre, il faut lire ce livre.

Le liseur du 6h27

  • Jean-Paul Didierlaurent
  • Au Diable Vauvert
  • 192 pages
  • 15 €
  • 9782846268011

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