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Les profondeurs du mal

samedi 22 mars 2008, par La Livrophile

Douglas Petty est resté longtemps célibataire. Il s’est marié tard, à quarante-cinq ans, avec Amy, une jeune femme de quinze ans sa cadette. Tous deux adorent les animaux, et surtout les chiens. Ils ont même ouvert un refuge pour ces derniers. Un jour, Amy prend le train pour un trajet de routine. Le train a un accident, et un wagon brûle. Amy n’est pas dans le wagon qui a brûlé, et elle sort indemne de l’accident. C’est alors qu’elle décide de ne pas rentrer chez son mari. Elle va se réfugier chez son père.Le début traîne un peu, mais j’ai trouvé que ce livre était un très bon roman policier. Il joue sur certaines ficelles assez connues, mais la romancière sait les utiliser. Elle joue par exemple sur les apparences. Combien de fois avons-nous lu un livre (surtout un policier) qui voulait nous faire croire certaines choses pour mieux nous déstabiliser ensuite en les démentant ? Seulement, certains auteurs font cela avec de gros sabots. Ici, c’est plus subtil. Ce n’est pas tel personnage qui raconte un mensonge, c’est un personnage qui croit certaines choses d’après ce qu’il a vu. Il voit une chose qu’il interprète mal, et il est de bonne foi.

Il y a aussi la question de la culpabilité d’un autre personnage. Le lecteur hésite. Au début, on ne peut pas être catégorique quant à ce personnage. C’est aussi une bonne trouvaille de Frances Fyfield. Elle n’affirme pas vraiment l’innocence ou la culpabilité du personnage, elle nous fait hésiter, avant de nous dire la vérité. Un autre thème semble éculé : l’amour possessif d’une mère (ici, belle-mère), envers son fils, et d’une soeur, (ici, demi-soeur), envers son frère, lequel ne se rend pas compte que cet amour est plus destructeur pour lui que profitable. Là encore, la romancière sait nous surprendre... Le personnage d’Amy est mon personnage préféré. On la voit frêle, prête à s’effondrer au moindre coup. Elle finit par évoluer, par acquérir de l’estime de soi, par devenir forte. Le choc que lui inflige son père ne la brise pas, comme on pourrait le croire, à l’instar d’Elizabeth, son avocate, mais la grandit. Je pense que ce qu’elle finit par faire est la meilleure chose.Je conseille ce livre, car j’ai trouvé que la psychologie des personnages était assez creusée, (surtout celle d’Amy), et que la romancière a su renouveler certaines ficelles un peu usitées.

  • Frances Fyfield
  • Presse de la cité

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