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Mourir au Mexique

samedi 9 janvier 2016, par Georges Fernandes

Le Mexique n’est pas seulement un beau pays de tourisme où l’on peut bronzer sur des belles plages de sable blanc ou visiter à l’intérieur d’une jungle des temples Aztèque. Le Mexique est aussi le pays des cartels de la drogue, des records du monde des morts assassiné en pleine rue. Dans les faits ce n’est pas une surprise, on sait par les informations que le pays est une plaque tournante de la drogue mais le livre va plus loin dans les détails, on apprend l’horreur que vivent les citoyens tous les jours, qu’ils vivent avec la peur au ventre, qu’ils doivent apprendre à ce taire, surtout ne jamais rien dire. L’armée est complice des trafiquants de drogue est tue avec la protection de la justice, la police est elle aussi complice de tel ou tel cartel selon la ville et des nombreuses arrestations finissent à la morgue. Les journalistes ne peuvent plus faire leur travail, s’ils s’amusent à écrire trop de chose ils finissent avec une balle dans la tête, eux mais aussi leurs femmes et leurs enfants, car la pitié n’est plus de mise dans ce pays. Les cartels embauchent des jeunes, leurs donnent une belle voiture, de l’argent pour avoir des filles, un salaire de misère, à peine l’équivalent de cinquante euros par semaines contre lesquelles ils doivent tuer à volonté sans limite. Et quand ces jeunes font une bêtise on les élimine et on les remplace. Tueurs à gage recyclable. Et si par hasard un trafiquant est arrêter et mis en prison, il suffira à son cartel de payer le directeur de la prison pour le permettre de sortir la nuit pour accomplir des meurtres, il rentrera au petit matin par la grande porte. C’est à peine incroyable pour nous européens mais c’est parfaitement normal au Mexique. Alors quand une personne du peuple ce révolte, ce rebelle contre cet état de fait, qu’il prend la parole et qu’il parle un peu trop fort, qu’il soit un journaliste ou une maman qui pleure son enfant, cet empêcheur de tourner en rond est abattu dans la rue ou chez lui, simplement et froidement. On ne dérange pas le cartel, mieux, on ne doit pas parler de lui. C’est la loi du silence qui est à peine déranger par le bruit des balles.
Ce livre est noir par sa vérité, par sa simplicité de l’horreur. Il met en avant la complicité des Etats-Unis à qui cela semble bien arrangé que son voisin puisse avoir tous ses problèmes de drogue et de violence. L’auteur remet en question la dépénalisation de la drogue qui mettrait certainement un terme au trafic mais qui n’est en rien une solution face à la violence, tant elle est imprimée dans le quotidien. Un livre à lire pour comprendre.

Mourir au Mexique

  • John Gibler
  • Al'ombre du maguey
  • 224 pages
  • 15 €
  • 9781090507166

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