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Personne n’y échappera

mardi 27 mai 2008, par La Livrophile

Condord, New Hampshire, hiver 2007. Vingt-quatre cadavres sont retrouvés dans un chantier. Ils ont tous été tués d’une balle en plein coeur. Ils ne semblent pas s’être défendus. Le chef de la police, Stuart Sheridan, se voit déchargé de l’affaire au profit du FBI. Cela le pousse à continuer ses investigations. Il refuse d’abandonner. Etant destitué de l’affaire, il enquêtera de manière illicite pendant son temps libre. Frank Franklin est professeur d’écriture créative. Il vient d’être nommé dans l’université de Durrisder, université qui jouxte le chantier où les corps ont été retrouvés. Pour lui, c’est une opportunité. Il est très bien accueilli par le doyen de l’université, Lewis Emerson. Il sent qu’il s’y plaira.

Le livre est un thriller dont les trois quarts sont réussis. Il y a du suspense, et l’auteur nous aiguillonne habilement vers de fausses pistes. Personnellement, j’ai soupçonné un personnage qui n’avait rien fait, en me basant sur la ficelle éculée que ce personnage se fondait trop bien dans le décor et l’histoire. Je commençais déjà à pester après l’auteur en imaginant que ce personnage était impliqué dans les événements macabres racontés. Heureusement, Romain Sardou a su éviter cet écueil. Il s’en est peut-être même servi pour induire le lecteur chevronné de thrillers en erreur. Les personnages ne sont pas très épais. On sent bien que Franck est instruit, que Ben O Boz est machiavélique, que Stuart est persévérant... mais après... L’histoire prend le pas sur la psychologie des personnages. Bien sûr, Ben O Boz impressionne le lecteur, car ce qu’il fait montre quelque chose d’atroce. C’est d’autant plus effrayant qu’il est lucide. Il n’est pas sujet à des excès de folie qui le pousserait à agir ainsi. Il calcule ses actes, il n’est poussé par aucune névrose. Il est tout simplement fat, égoïste, et curieux. Il est poussé par son envie de célébrité. Il est dommage que l’auteur ait situé son roman aux Etats-Unis. Pourquoi les auteurs français qui s’essaient aux thrillers les situent-ils toujours dans un pays anglophone, et le plus souvent, aux Etats-Unis ? Bien sûr, de nombreux thrillers sont écrits par des américains, mais quand un auteur français s’y attaque, que ne garde-t-il son pays d’origine ?

Je n’ai pas aimé la fin pour plusieurs raisons. D’abord, il y a des incohérences. Comment se fait-il que le FBI, étant au courant, et ayant préparé son coup, arrive trop tard ? Qui a tué le personnage qui envoie des messages posthumes ? S’est-il suicidé pour parfaire son plan ? Soit. Mais c’est tout de même un peu gros. Pourquoi se passe-t-il exactement ce que tel personnage voulait qu’il se passe ? Contrairement à la brillante démonstration qu’essaie de nous faire Romain Sardou, le plan n’était pas une machine si bien huilée que ça. L’auteur a voulu faire une fin différente, afin de surprendre le lecteur. C’est une bonne initiative, mais cela fait partie de ce qui m’a déçue. Pourtant, j’aime quand un thriller me surprend. J’applaudis les auteurs qui se détournent des codes et des ficelles éculées. Mais ici, cela n’a pas pris. Je comprends l’initiative de l’auteur : vouloir faire du neuf, mais ça n’a pas pris. Les incohérences et cette fin trop noire ont fait que finalement, je ne recommande pas vraiment ce livre.

  • Romain Sardou
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