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Vel’d’Hiv’

dimanche 14 septembre 2008, par Françoise Bachelet

Raymond professeur de lettres à la retraite, de retour d’un séjour à la Havane, décide d’aller boire un verre à la terrasse d’un café lorsqu’un homme, sosie du docteur Segal, le père de son meilleur ami d’enfance s’assoit à une table voisine. Cette apparition funeste va le ramener 60 ans en arrière, au temps de l’insouciance vite remplacée par la gravité des événements qui s’enchaînent et de la guerre qui se profile.

Raymond et Simon s’étaient connus en octobre 1935 à l’école communale de la rue Saint Charles Paris XVème et étaient vite devenus inséparables. Quand ils n’étaient pas à l’école, ils étaient au Vel’d’Hiver, le vélodrome d’Hiver, à l’angle du Bd de Grenelle et de la rue Nélaton dont son père était le concierge. Le Veld’Hiv, temple du cyclisme puis de la boxe, où se déroulaient les 6 jours de Paris et les meetings du Front Populaire. Et qui devint le lieu de rassemblement de milliers de juifs suite à une rafle organisée par la police française le 16 juillet 1942.

Ce roman nous raconte une belle histoire d’amitié comme on en vit quand on est enfant, « avec le sens très solennel que prennent ces mots quand on est encore jeune et que l’on signe des pactes dans la cour de récréation » dixit l’auteur lui-même. Mais ce livre ne se limite pas à cela, il nous entraîne à la découverte d’un pan de notre Histoire, en nous plongeant dans les années 1935-1942, avec ses joies et ses peines.

Rappelons que c’est l’époque des premiers congés payés, on va à la mer, on croit au présent et à l’avenir, à une certaine douceur de vivre, au bonheur ! Et puis tout s’enchaîne, les Allemands s’emparent de Prague, Franco de Madrid, les Français sont mobilisés, Paris est occupé et c’est là que le destin de ces deux enfants bascule dans l’Histoire avec un grand H. Parce que Simon est juif, qu’il doit porter une étoile et qu’il va se retrouver, avec des milliers d’autres, parqué au Vel’ d’hiv, là où il avait l’habitude de jouer et de rire. L’auteur nous entraîne également sur les traces d’artistes que les plus de 30 ans auront plaisir à retrouver comme par exemple Tino Rossi mais aussi Jean Cocteau, Colette, Jean Marais, Jean Gabin et Raimu qui fréquentaient eux aussi ce lieu mythique.

Un très beau roman servi par des chapitres courts qui rythment le récit et une écriture limpide au ton léger malgré la gravité du sujet.

  • François Bott
  • Le Cherche Midi

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